Une mine de papier mâché : d’où vient l’expression ?
« Avoir une mine de papier mâché » signifie présenter un visage pâle, fatigué, voire flétri et maladif. L’image est ancienne : Voltaire parlait déjà en 1773 d’« organes de papier mâché », et le Dictionnaire de l’Académie enregistre « visage de papier mâché » en 1835.
Mais la matière, elle, est bien plus vieille que l’expression. On lui prête volontiers une origine chinoise très lointaine, sans qu’aucune date sûre puisse être avancée. En français, le mot apparaît à la fin du XVIIe siècle pour désigner une pâte à papier mêlée de colle, de plâtre ou de poix, de couleur blanchâtre et de texture granuleuse.
Un Anglais, Henry Clay, déposa d’ailleurs en 1772, à Birmingham, un brevet pour son papier mâché. Utilisé pour réaliser de petits objets ou des meubles, on y eut également recours pour fabriquer des poupées avant que le plastique ne soit inventé. À voir ces figurines, on comprend pourquoi une mine de papier mâché est une excellente métaphore de la fatigue physique comme morale. En effet, les visages de ces figures présentent tous des traits tirés dus à l’évaporation de l’eau, laissant le papier et le plâtre secs et flétris.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « se tenir droit dans ses bottes » et « du dernier cri ».