Pourquoi dit-on « du dernier cri » ?
L’expression est plus récente qu’on ne le croit : le Trésor de la langue française la relève pour la première fois en 1892, chez Courteline, dans le vocabulaire de la mode. L’image, elle, vient de plus loin, du temps des crieurs publics. Ceux-ci ont remplacé les tambours de ville et le métier qu’ils exercent de façon itinérante consiste à se déplacer de localité en localité pour lire des textes.
Ainsi rendu dans un village, les crieurs publics prenaient place à des endroits stratégiques et fréquentés comme les places ou les parvis d’églises pour y faire connaitre leur présence par le tambour ou la trompette. La population ainsi avertie, les crieurs commençaient à déclamer leurs textes. Il s’agissait d’informations importantes telles des décisions, décrets ou ordonnances royales. Il pouvait encore s’agir de sentences, décisions de justice ou de bans.
On raconte volontiers que, pour nommer ces nouvelles fraiches, le peuple se mit à parler d’« annonces de dernier cri », les toutes dernières nouvelles étant aussi les dernières criées. Les dictionnaires ne confirment pas cette filiation directe : ils se contentent de rattacher la locution au sens ancien de « cri », l’annonce publique, celle du crieur comme celle du marchand vantant sa nouveauté.
Dans certains villages suisses on trouvait encore des crieurs de rue dans les années 1960.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « de l’eau dans le gaz » et « en catimini ».