Pourquoi dit-on « le dindon de la farce » ?
Il existe plusieurs explications au sujet de cette expression signifiant « être la victime ridicule dans une affaire, se faire rouler » que l’on trouve dès 1790.
Selon la première hypothèse, la plus répandue, l’expression serait une référence aux « pères dindons » des comédies bouffonnes du Moyen Âge : un père crédule, dupé par ses enfants qui lui manquaient de respect. Le dindon symboliserait le ridicule, et la farce serait la pièce comique. L’explication a un défaut sérieux : le dindon vient du Mexique et n’arrive en Europe qu’au 16e siècle. Il ne pouvait donc pas donner son nom à un personnage des farces médiévales.
La seconde hypothèse est liée aux spectacles forains. Au 18e et 19e siècle, un spectacle à la mode dans les fêtes foraines consistait à placer des dindons sur une plaque métallique qui était chauffée progressivement. Les dindons se mettaient ainsi à sautiller sur un fond musical. Le spectacle c’est à dire la farce des dindons torturés faisait rire à l’époque.
Ce « ballet des dindons », que Claude Duneton situe à Paris entre 1739 et 1844, fut interdit en 1844, en même temps que les combats d’animaux.
Une troisième piste, plus simple, est aujourd’hui jugée plus solide : elle repose sur un jeu de mots entre le dindon, oiseau réputé sot et donc facile à duper, et la farce au sens culinaire, celle dont on garnit la volaille.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des animaux. Dans la même famille : « Etre connu comme le loup blanc » et « faire le pied de grue ».