D’où vient l’expression « envoyer à Dache » ?
« Envoyer à Dache » un individu signifie s’en défaire, s’en débarrasser ou encore l’envoyer promener. On pourrait même traduire l’expression par « envoyer au diable ». Et le diable n’y est peut-être pas étranger.
Cette expression, relevée dès 1866 par Alfred Delvau dans son Dictionnaire de la langue verte, utilise le mot « dache ». Son origine reste discutée : l’hypothèse la plus souvent avancée y voit une altération de ‘diache’, forme de ‘diable’ répandue dans le nord et l’est de la France, où l’expression faisait partie de l’argot courant des ouvriers. Aucun dictionnaire ne la donne pour certaine.
Par extension « à dache » tout seul signifie « au diable », « très loin ». On retrouve l’usage de cette expression familière, chez de nombreux écrivains parmi lesquels Louis-Ferdinand Céline ou Paul de Sémant.
Et justement, à la fin du 19e siècle, l’argot militaire avait recours à la formule complète : « à Dache, perruquier des zouaves ». Ce Dache-là est un personnage imaginaire, et l’on ignore si c’est le roman de Paul de Sémant, Les merveilleuses aventures de Dache, perruquier des zouaves, qui a inspiré la formule ou l’inverse.
A noter que « diable » a donné lieu à de nombreuses altérations comme par exemple « diantre ».
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « une Épée de Damoclès » et « été indien ».