Pourquoi dit-on « être de mèche » ?
« Etre de mèche » marque la complicité, la connivence d’une personne avec une autre dans l’accomplissement d’un acte le plus souvent répréhensible.
On rapproche souvent le mot du provençal « mech » et de l’italien « mezzo », qui signifient « moitié ». Le Trésor de la langue française écarte cependant cette piste pour des raisons phonétiques et rattache le terme à la mèche que l’on allume, l’accord conclu marquant le début d’une entreprise. Le sens de « moitié », lui, est bien attesté : « être de mèche » apparaît dès 1793 dans le monde du banditisme et signifiait alors faire « moitié moitié » sur l’argent d’un coup, être de moitié dans une affaire. Ainsi les voleurs ou les criminels qui étaient de mèche faisaient 50/50.
Le langage courant a ensuite retenu la complicité au détriment du partage équitable des fruits lors d’une action illégale.
A noter enfin qu’on retrouve le mot « mèche » dans l’expression « vendre la mèche », relevée en 1859. Celle-là vient sans ambiguïté de la mèche qui permettait de faire exploser les mines : on trouve « éventer la mesche » dès 1580, au sens de découvrir l’emplacement d’une mine, puis d’éventer un complot.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des métiers d’autrefois. Dans la même famille : « faire du boucan » et « faire un pataquès ».