Quelle est l’origine de l’expression « joindre les deux bouts » ?
Avoir des difficultés à joindre les deux bouts signifie avoir des fins de mois difficiles, se trouver dans une situation financière problématique.
Cette expression trouverait son origine dans une mode vestimentaire datant du XVIème siècle, la collerette. A cette époque la tendance des cols montants à dentelle pour les femmes gagne les hommes. Au milieu du siècle la collerette devient un accessoire distinct de la chemise et prend le nom de « fraise ». Elle devient rapidement un signe de réussite sociale et financière.
Aussi certains nobles peu fortunés se faisaient confectionner des fraises démesurément grandes pour laisser croire à une immense richesse. Mais en conséquence cela élargissait considérablement la taille de leur tour de cou une fois habillés. Aussi durant les repas, leur serviette, dont ils n’avaient pas ajusté la taille proportionnellement à celle de la collerette, se trouvait être trop petite pour être nouée. Ils avaient donc au sens propre du mal à « joindre les deux bouts ».
Cette explication est toutefois séduisante plus que démontrée. Les dictionnaires enregistrent une forme plus longue et plus terre à terre, « joindre les deux bouts de l’an » : il s’agissait de faire durer les revenus d’une récolte jusqu’à la suivante, donc de tenir d’un bout de l’année à l’autre. Nos fins de mois difficiles en sont l’héritage direct.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « Avoir maille à partir » et « payer les violons ».