D’où vient l’expression « payer les violons » ?
« Payer les violons » signifie faire les frais d’une situation alors qu’une autre personne en tire les profits. Il s’agit donc d’une expression ironique pour dire que quelqu’un a eu tout l’embarras d’une situation quand des tiers en ont eu, eux, tous les bénéfices.
On la rapproche souvent d’un vers d’Horace, « Delirant reges, plectuntur Achivi », littéralement « les rois délirent, les Achéens sont punis », que l’on traduit couramment par « les grands font des fautes et le peuple en porte la peine ». C’est un parallèle de sens, pas une filiation démontrée.
Molière l’emploie dans sa comédie « La Comtesse d’Escarbagnas », créée en 1671. C’est Monsieur Harpin, le receveur des tailles, qui lance à la comtesse :
« Monsieur Tibaudier en use comme il lui plaît, je ne sais pas de quelle façon Monsieur Tibaudier a été avec vous, mais Monsieur Tibaudier n’est pas un exemple pour moi, et je ne suis point d’humeur à payer les violons pour faire danser les autres. »
La tradition à l’époque consistait à donner des sérénades sous les balcons de celle que l’on voulait conquérir. Or il arrivait bien sûr que celui qui payait les violons ne soit pas récompensé par la belle !
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « payer en monnaie de singe » et « Payer rubis sur l’ongle ».