Quelle est l’origine de l’expression « la croix et la bannière » ?
On peut dire d’une tâche ardue qu’elle est « la croix et la bannière ». Cette expression sert à désigner une difficulté à accomplir un acte. Elle est une référence directe aux nombreuses difficultés rencontrées lors de l’organisation de défilés religieux.
Ceux en charge de la préparation de ce type d’évènements devaient respecter les innombrables règles qui en dictaient le déroulement ; et en particulier l’ordre des participants lors des processions.
La croix, toujours placée en tête de cortège, était suivie par les porteurs de bannières, dont le rôle était de signifier la présence ou la représentation d’institutions ou de personnes, telles les paroisses, congrégations ou notables. De rigoureuses règles qui étaient largement dominées par le statut accordé à chaque participant.
La complexité de l’organisation de telles processions en raison des exigences protocolaires était de surcroit accentuée par les aspirations et prétentions individuelles.
L’usage de l’expression devenu commun s’est par la suite propagé au langage courant. On la trouve par écrit dès 1690, chez Furetière, qui explique qu’« il faut la croix et la bannière » pour inviter quelqu’un, c’est-à-dire tant de formes qu’il ne puisse s’y dérober. Le Dictionnaire de l’Académie française l’enregistre à son tour en 1798.
Cette expression fait partie de nos expressions nées des croyances. Dans la même famille : « Mettre sous le boisseau » et « pain bénit ».