Pourquoi dit-on « malin comme un singe » ?
Aujourd’hui « malin comme un singe » signifie futé, preuve d’un esprit ingénieux, une intelligence tactique. C’est l’adjectif « malin » qui a changé de sens, plus que la comparaison elle-même. En latin, « malignus », qui donna « malin », qualifiait une personne perfide et portée à nuire. De là vient « le Malin », nom du diable, que l’on relève en français en 1530 chez Lefèvre d’Étaples. Le sens de « fin, rusé, habile », celui que porte l’expression, n’est attesté que plus tard, à partir de 1674 chez Boileau.
On lit souvent que le singe aurait été tenu au Moyen Age pour une incarnation du diable et que l’expression aurait donc commencé comme une insulte. Les dictionnaires n’en retiennent rien : ils rangent simplement « malin comme un singe » parmi les comparaisons tirées des qualités que l’on prête à l’animal, au même titre que « rusé comme un renard ».
Reste que la comparaison est ancienne et qu’elle a toujours dit la même chose depuis qu’on la relève : la débrouillardise, l’habileté à se tirer d’affaire.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des animaux. Dans la même famille : « ménager la chèvre et le chou » et « Minute, papillon ! ».