Pourquoi souhaite-t-on bonne chance en disant « Merde » ?
L’interjection « merde » est d’abord un juron. Connue comme « le mot de Cambronne », elle fait référence à un passage très précis du roman de Victor Hugo, Les Misérables. L’auteur y relate un évènement survenu lors de la bataille de Waterloo. Le général Pierre Cambronne aurait ainsi eu recours au mot « merde » lorsqu’un général britannique lui intima l’ordre de rendre les armes. Hugo lui-même ne tranche pas sur l’identité de cet officier, qu’il donne pour « Colville selon les uns, Maitland selon les autres ». Cambronne, lui, a toujours nié avoir prononcé quoi que ce soit de tel.
Quant à sa signification relative à la chance, il n’y a aucune certitude quant à son origine. Cependant il est communément admis qu’elle vit le jour dans le monde du théâtre à la fin du 19e siècle. En effet utiliser les termes « bonne chance » était alors censé porter malheur. Il fallut trouver une astuce et on eut recours à une expression de substitution.
A cette époque on pouvait juger du succès d’une pièce par le nombre de fiacres et donc d’attelages de chevaux attendant les spectateurs à la sortie du lieu de spectacle. Aussi le nombre de crottins était proportionnel au succès d’une pièce. Souhaiter de la merde signifiait par conséquent souhaiter plein succès à une pièce.
A noter que l’acteur à qui un « merde » est adressé ne doit pas, selon la tradition, exprimer de remerciements en retour.
Du monde du théâtre l’usage de l’expression s’est ensuite progressivement répandu dans la société.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des jeux et du spectacle. Dans la même famille : « parler à la cantonade » et « pédaler dans la choucroute ».