Pourquoi dit-on « monter le bourrichon » ?

Pourquoi dit-on « monter le bourrichon » ?

Virginie Verglas Mis à jour le 27/07/2026 1 min

Le bourrichon est « la tête » en langage familier.

Le mot appartient au langage populaire et les dictionnaires le datent de 1860. Ils n’en attribuent pas la paternité à Gustave Flaubert, mais c’est bien chez lui que se trouvent les premières attestations connues des expressions « monter le bourrichon » et « se monter le bourrichon », dont les sens sont légèrement différents.

« Se monter le bourrichon » signifie « se monter la tête » ou encore « se faire des illusions ». On lit la formule dans une lettre de Flaubert à Louis Bouilhet du 20 avril 1860 : « Oh ! Comme il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature ! Et que bien heureux sont les épiciers ! »

Quant à « monter le bourrichon » à un tiers, cela consiste à lui donner des illusions. Flaubert encore, dans un propos que les frères Goncourt notent en novembre 1860, alors qu’il travaille à Salammbô : « il faut que je monte joliment le bourrichon à mon public : il faut que je fasse baiser un homme, qui croira enfiler la lune, avec une femme qui croira être baisée par le soleil ».

A noter enfin que le bourrichon est un dérivé de la « bourriche », un panier sans anse servant à transporter du gibier, du poisson ou des huîtres.

Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « passer sur le billard » et « portrait craché ».

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2011. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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