D’où vient l’expression « portrait craché » ?
Si quelqu’un est le portrait craché d’un tiers, cela signifie qu’il lui est très ressemblant, qu’il a une apparence similaire.
L’expression est étonnante car on ne crache pas un portrait ! Elle semble de surcroit porter une connotation péjorative. Ce qui n’est pas le cas.
La locution « tout craché », au sens de « très ressemblant », est attestée vers 1450. Les linguistes avancent deux hypothèses.
Selon la première, il y aurait eu une assimilation progressive entre le crachat et la parole. Cracher serait parler. Et parler pour décrire une réalité c’est un peu la recréer à l’identique. En crachant par la parole, on reproduirait donc un fait.
La seconde hypothèse, celle que retient le Trésor de la langue française, se base sur le fait que le crachat peut symboliser l’acte de génération. Il existe en effet une analogie chez certains peuples entre la salive crachée et la semence. Or se reproduire consiste à générer un être qui est au moins partiellement identique à son géniteur. On se reproduit donc à la fois esthétiquement et génétiquement.
Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « prendre son pied » et « la puce à l’oreille ».