Pourquoi dit-on « prendre son pied » ?

Pourquoi dit-on « prendre son pied » ?

Virginie Verglas Mis à jour le 27/07/2026 1 min

C’est à l’argot du 19e siècle que l’on doit cette expression. Dans le langage des voleurs, le « pied » désignait une part, une ration, le « compte » que chacun prélevait sur le butin. On relève ainsi « j’en ai mon pied » en 1878, au sens de « j’ai mon compte, j’ai ma ration ». Prendre son pied, c’était donc toucher sa part, et rien d’autre : l’idée de mesure est bien là, mais elle vient du partage entre complices, pas d’une unité de longueur.

Le glissement vers le plaisir se fait ensuite dans l’argot des prostituées, à la charnière des 19e et 20e siècles : la part que l’on prend n’est plus d’argent mais de jouissance. La locution « prendre son pied » au sens de plaisir très vif est relevée en 1926, chez Francis Carco. On lit souvent que l’expression viendrait des corsaires du 18e siècle, qui auraient mesuré l’or en pieds pour partager les prises : cette histoire est très répandue, mais aucun dictionnaire ne la reprend, et les dates ne la soutiennent pas.

Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « la puce à l’oreille » et « se faire de la bile ».

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2011. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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