Quelle est l’origine de l’expression « pour des prunes » ?
Si telle action compte « pour des prunes », elle n’a eu aucun effet. Elle fut inutile et compte « pour rien ».
La locution elle-même est relevée au tout début du XVIème siècle, en 1507-1508, chez Eloy d’Amerval, au sens de « pour peu de chose ». Mais « prune » désignait déjà une chose sans valeur trois siècles plus tôt : dès la fin du XIIème siècle on trouve « ne pas priser une prune » ou « ne valoir une prune ». C’est de cet usage ancien, et non d’un épisode précis, que vient l’expression.
Une anecdote circule pourtant partout : au 12e siècle, lors de la deuxième croisade, les croisés français rentrent bredouilles et rapportent, à défaut de victoire, des pieds de pruniers de Damas dont ils avaient goûté les fruits en Orient. Le souverain leur aurait alors demandé, étonné et contrarié, s’ils étaient allés combattre si longtemps « pour des prunes ».
Elle est jolie, mais aucun dictionnaire ne la retient : elle n’est attestée par aucun texte, et la prune, cultivée en Europe depuis l’Antiquité, n’avait rien d’un fruit inconnu. Tout au plus la variété de Damas doit-elle bien son nom à l’Orient.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « que dalle » et « toucher le pactole ».