Pourquoi la noblesse a le « sang bleu » ?
L’expression « sang bleu » ne fait aucunement référence à la qualité du sang. Elle est un calque de l’espagnol « sangre azul » : la formule est née en Castille, où les grandes familles se prévalaient d’une ascendance sans mélange avec les populations maure et juive de la péninsule.
Les nobles, quel que soit leur sexe, avaient une obsession : la couleur de leur peau. Et contrairement à la mode contemporaine du bronzage, ils faisaient tout ce qu’il était possible de faire pour maintenir une peau la plus blanche et la plus fine possible. Ceci dans un seul but : que leurs veines, de couleur bleue donc, soient les plus visibles possibles.
Pour parvenir à un tel résultat il convenait d’éviter à tout prix le soleil et de se confiner à l’intérieur. Des soins du visage et du corps étaient également utilisés pour accentuer la transparence de la peau.
Avoir les veines bleues apparentes permettait par ailleurs de se distinguer des plus pauvres comme les paysans, dont les travaux manuels dans les champs rendaient impossible une telle pigmentation.
Cette mode, adoptée par la suite par la bourgeoisie, perdura jusqu’au milieu du 19e siècle. C’est également au 19e siècle que la formule espagnole passe dans les autres langues d’Europe pour désigner la noblesse : l’anglais « blue blood » est attesté en 1834.
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « snob » et « Qui s’y frotte s’y pique ».