Pourquoi dit-on « snob » ?
Un snob est une personne qui aime les manières ou adopte des postures à la mode dans des microcosmes qui se pensent distingués et qui entretiennent un mépris pour ceux qui n’adhèrent pas à leur mode de vie.
Le mot vient de l’anglais. On le trouve en 1781 avec le sens de « cordonnier », puis dans l’argot de Cambridge pour désigner celui qui n’appartient pas à l’université, avant de prendre vers 1830 le sens de « personne de basse condition ». Son origine reste inconnue des dictionnaires. Le français l’emprunte en 1843, et le succès en France doit beaucoup à la traduction du « Livre des snobs » de Thackeray.
L’explication qui court partout, selon laquelle « snob » serait la contraction du latin « sine nobilitate » (sans noblesse), abrégée en « s. nob. » sur les registres d’inscription de Cambridge en face des étudiants roturiers, est une étymologie de fantaisie : aucun dictionnaire ne la retient, et le sens ancien de cordonnier n’a rien à voir avec la noblesse.
Reste ce que le mot désigne. Ceux qui n’appartenaient pas à l’élite pouvaient chercher à en imiter les manières, et cette élite, qui s’estimait supérieure, n’appréciait guère l’imitation. C’est ce ridicule que Thackeray a mis en scène et qui a fixé le sens moderne du mot.
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « Qui s’y frotte s’y pique » et « un violon d’Ingres ».