Se saigner aux quatre veines : d’où vient l’expression ?
Si quelqu’un se saigne aux quatre veines pour un tiers cela signifie qu’il se sacrifie, se prive au profit d’autrui. Il fait tout son possible, surtout financièrement.
Cette expression utilise une image facilement compréhensible, empruntée à la médecine d’autrefois. La saignée, longtemps pratiquée comme remède universel, se faisait aux quatre membres, bras et jambes, là où l’on trouvait les veines les plus accessibles. Se saigner ainsi de partout à la fois, c’est se vider de sa substance, donc faire le plus grand des sacrifices et montrer la plus grande abnégation quand ce geste est accompli au bénéfice d’une autre personne.
L’expression est de fait relativement récente : les dictionnaires la relèvent en 1936 chez Aragon, dans Les Beaux Quartiers. Elle semble venir d’une locution plus ancienne, « se saigner aux quatre membres », qui portait déjà le sens de s’épuiser en sacrifices d’argent pour quelqu’un. On la trouve notamment sous la plume de Guy de Maupassant dans Bel-Ami en 1885 : « des paysans, des cabaretiers qui se sont saignés aux quatre membres pour me faire faire des études ».
Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « sourd comme un pot » et « travailler du chapeau ».