Pourquoi dit-on « sourd comme un pot » ?
Il n’existe malheureusement aucune certitude sur l’origine de l’expression « sourd comme un pot », attestée avant 1720 chez l’écrivain Antoine Hamilton.
Certes un pot peut avoir des anses qui ressemblent à des oreilles : c’est la théorie relevée par le philologue Walter Gottschalk en 1930, qui voit dans la formule un raccourci de « sourd comme un pot à anses ». Littré, lui, suggérait plutôt un jeu sur les deux sens de « sourd », qui n’entend pas et qui ne résonne pas, comme le bruit mat d’un pot de terre. Il faut aussi rappeler que « comme un pot » sert en français de comparaison passe-partout pour porter un défaut à son comble, comme dans « bête comme un pot ».
Pour d’autres il faut rapprocher cette expression du mot « pot » en argot dans lequel il signifie le derrière ou les fesses d’une personne. Par extension on serait donc « sourd comme un trou de balle ». Mais on peut fortement douter de cette explication puisque cette signification argotique ne serait apparue qu’au 19e siècle.
Enfin on dit également qu’il s’agirait de la traduction très approximative de l’expression anglaise « to be as deaf as a post », qui signifie littéralement « être sourd comme un poteau », le rapprochement tenant à la proximité sonore de « post » et de « pot ». Là encore, aucun dictionnaire ne tranche.
Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « travailler du chapeau » et « virer sa cuti ».