Pourquoi dit-on « une tête de Turc » ?
Une « tête de Turc » est une personne cible de sarcasmes, moqueries et mauvais traitements de façon répétée. Il est le souffre-douleur d’un ou de plusieurs individus.
L’image vient de la réputation de vigueur physique prêtée aux soldats ottomans, qui a donné dès 1457 la comparaison « fort comme un Turc ». C’est un stéréotype, et l’expression en garde la trace.
« Tête de Turc » date du XIXe siècle : le sens de souffre-douleur est relevé en 1857 chez les frères Goncourt. À cette époque, on trouvait dans les fêtes foraines un jeu constitué d’une sorte de dynamomètre surmonté de ce qui se voulait être une tête de Turc, coiffée d’un turban, qu’il fallait frapper. Le but était de la cogner le plus fort possible afin que la force du coup soit mesurée sur une échelle graduée. L’appareil est décrit sous ce nom à partir de 1866.
L’idée d’acharnement portée par l’expression vient du vif succès rencontré par cette attraction. Elle donnait à voir une foule s’adonnant à une maltraitance collective à l’égard de la représentation d’un seul individu.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des jeux et du spectacle. Dans la même famille : « tirer son épingle du jeu » et « tout schuss ».