D’où vient l’expression « treize à la douzaine » ?
L’expression « treize à la douzaine » signifie en grand nombre. Elle est utilisée de nos jours souvent péjorativement dans le cas d’une trop grande quantité. Deux explications ont cours, et une seule date est solide.
La plus sérieuse est aussi la plus simple : la locution désigne d’abord la pratique du marchand qui donne treize articles pour le prix de douze. Elle est déjà écrite en français, sous la forme « treize en la douzaine », en 1551 chez Barthélemy Aneau. On lit souvent qu’elle daterait du milieu du 18e siècle : cette attestation le dément, la tournure a près de deux siècles de plus.
La seconde explication est anglaise, et il faut la prendre comme telle. Au 13e siècle, le roi Henri III fit encadrer le poids et le prix du pain par une réglementation, l’« Assize of Bread and Ale » de 1266. Les boulangers, qui risquaient de lourdes peines si leurs pains étaient trop légers, prirent l’habitude d’en ajouter un treizième pour être sûrs d’atteindre le poids exigé, d’où l’expression anglaise « baker’s dozen », la douzaine du boulanger. C’est une origine plausible de la locution anglaise, pas de la française, que rien ne rattache à cette loi.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « trois francs six sous » et « Un chèque en bois ».