D’où vient l’expression « un nom à coucher dehors » ?
« Un nom à coucher dehors » est un patronyme très compliqué qu’il est difficile de garder en mémoire avec exactitude.
L’explication que l’on raconte le plus souvent situe la scène au Moyen Âge. Quand les auberges étaient pleines, leurs propriétaires étaient contraints de choisir leurs clients sur le critère social. Le rang primait. Et pour le connaître les aubergistes se fiaient aux noms des clients. Ceux qui étaient nobles (et qui portaient donc une particule) ou ceux dont le nom était celui d’une profession de haut rang social se voyaient plus facilement attribuer une chambre. Il en allait de même pour ceux dont le nom avait clairement une résonance chrétienne. Les autres dormaient avec les chevaux, et ceux encore moins bien lotis en raison de leur nom n’avaient plus comme solution que de coucher dehors.
Cette scène est jolie, mais aucun dictionnaire ne la documente : elle relève de la tradition orale. On rencontre par ailleurs une forme plus longue, « avoir un nom à coucher dehors avec un billet de logement », qui renverrait plutôt au logement des soldats chez l’habitant. Les sources ne permettent pas de trancher entre les deux, ni de dater précisément l’apparition de la formule.
L’expression a en revanche conservé sans ambiguïté son caractère péjoratif.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « par monts et par vaux » et « pendre la crémaillère ».