Quelle est l’origine de l’expression « pendre la crémaillère » ?
« Pendre la crémaillère » consiste à inviter des amis quand on s’installe dans une nouvelle maison ou un nouvel appartement. La pendaison célèbre donc un emménagement. L’objet, lui, est bien réel : le mot « crémaillère » est attesté en français dès le 13e siècle. La locution, en revanche, est plus tardive : elle figure dans la première édition du dictionnaire de l’Académie française, en 1694, et rien ne permet de la faire remonter au Moyen Âge.
La crémaillère était une tige de métal à crans, suspendue dans la cheminée, qui permettait de placer la marmite à différentes hauteurs au-dessus du feu et donc de maîtriser la cuisson. On explique généralement l’expression ainsi : cet objet indispensable était installé en dernier dans une maison neuve, et les occupants réunissaient alors autour d’un repas ceux qui avaient participé aux travaux. La crémaillère pendue, le foyer pouvait vivre. Cette lecture est cohérente avec l’usage de l’objet, mais elle reste une reconstitution : aucun texte ancien ne la décrit comme un rite obligé.
Si l’objet en question a disparu de nos habitations l’expression est quant à elle bien restée dans le langage.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « porter des cornes » et « le pot aux roses ».