D’où vient l’expression « passer au crible » ?
« Passer au crible » consiste à examiner avec soin pour distinguer le vrai du faux, analyser quelque chose en détail.
L’image vient de la Bible. Lors de la Cène, au chapitre 22 de l’Évangile de Luc, Jésus emploie le crible, c’est-à-dire un instrument de travail des paysans, une sorte de tamis permettant de trier la terre, la farine ou le blé. Le crible sert à séparer les grains à conserver des résidus comme la paille. Dans la littérature religieuse, cette métaphore renvoie tantôt à la séparation du bien et du mal, tantôt à l’épreuve.
Ainsi Jésus dit à Simon Pierre, un des apôtres : « Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. » Les apôtres allaient donc être secoués, éprouvés, comme le grain qu’on sépare de la paille.
Le mot « crible » lui-même est attesté en français au 13e siècle, et son emploi figuré dès la fin de ce siècle, chez Rutebeuf.
L’expression est progressivement sortie du seul domaine religieux pour gagner le langage courant.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des métiers d’autrefois. Dans la même famille : « Prendre des vessies pour des lanternes » et « rater le coche ».