Quelle est l’origine de l’expression « rater le coche » ?
Celui qui « rate le coche » manque une bonne occasion.
Le mot « coche » a désigné deux moyens de transport distincts, et le plus ancien des deux n’est pas celui qu’on croit. Le coche d’eau, un bateau de rivière halé par des chevaux, est attesté dès le milieu du 13e siècle. Le coche attelé, ce véhicule hippomobile servant au transport en commun de personnes, n’apparait qu’au milieu du 16e siècle, le mot venant du hongrois par l’allemand. Les transports fluviaux, eux, sont restés très prisés jusqu’au 18e siècle.
C’est à ce coche d’eau que l’expression est le plus souvent rattachée. Pour monter à bord il fallait se positionner à des arrêts prédéfinis, aux heures précises de passage. Si on arrivait en retard, on perdait toute chance de monter à bord. « Rater le coche » consistait donc à l’époque à ne pas pouvoir utiliser ce moyen de transport pour se déplacer ; exactement comme on peut manquer de nos jours un avion ou un train.
Si les coches ont disparu de nos villes, l’expression a traversé les siècles comme une trace du temps où l’eau remplaçait le bitume sur certains trajets.