Pourquoi dit-on « porter des cornes » ?
« Porter des cornes » signifie avoir été trompé par sa femme ou son mari. Cette référence péjorative aux cornes est étonnante car dans l’antiquité les cornes étaient un symbole positif, évoquant la dignité, la vigueur et la puissance. Il allait de même chez les souverains, comme Alexandre le Grand, roi de Macédoine, que les monnaies antiques représentent avec des cornes de bélier.
Mais dès la fin du 13e siècle apparait la forme « cornair », relevée dans le Roman de la Rose pour désigner un sot. Le verbe « escorner », lui, est attesté vers 1200 au sens de « priver de ses cornes », puis d’« entamer, amoindrir » : c’est de là que vient l’idée d’une réputation écornée. Quant à « porter des cornes » au sens de conjoint trompé, les dictionnaires le relèvent dès le 15e siècle, et « cornard » en ce sens en 1608.
L’origine de l’image, elle, n’est pas établie. L’explication la plus souvent avancée veut que le port de cornes donne l’allure d’une chèvre ou d’un bouc, animal chargé depuis des temps immémoriaux d’une connotation sexuelle. Elle a le mérite d’être cohérente, mais aucun dictionnaire ne la donne pour acquise.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « le pot aux roses » et « Le pot de terre contre le pot de fer ».