Quelle est l’origine du « pot-pourri » ?
Un « pot-pourri » est un mélange de choses diverses. Il peut s’agir d’un livre ou d’un morceau de musique mélangeant différents airs connus.
Le mot n’est pourtant pas né dans un vase de fleurs, mais dans une marmite. « Pot-pourri » est calqué sur l’espagnol « olla podrida », littéralement « pot pourri », un ragoût mêlant quantité de viandes et de légumes cuits ensemble. C’est ce sens culinaire que l’on relève le premier en français, chez Rabelais en 1564.
Le pot-pourri parfumé, lui, s’est surtout répandu au 18e siècle : il était alors courant de cueillir des fleurs très odorantes pour les faire sécher ou pourrir et de les mélanger à des essences rares et du sel. On enfermait ensuite le tout dans des pots dont le couvercle était ajouré. La pâte en putréfaction libérait des parfums qui s’échappaient par les orifices et embaumait agréablement les habitations pendant de longs mois. En effet cette préparation humide particulière permettait aux fleurs de ne pas sécher rapidement.
Le sens figuré, lui, est déjà installé : l’Académie enregistre en 1694 l’emploi littéraire, celui d’un assemblage de textes divers, et l’emploi musical apparait dès 1711, dans un recueil de brunettes, pour désigner un assemblage de mélodies connues, comme autant de fleurs de toutes sortes réunies en un seul contenant.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « rester en carafe » et « s’attirer des bricoles ».