D’où vient l’expression « rond-de-cuir » ?
Un « rond-de-cuir » est un terme péjoratif et familier utilisé pour désigner un employé de bureau, le plus souvent exerçant sa profession dans les services administratifs.
L’expression vient du fait que ces employés ont toujours travaillé assis sur des chaises plus ou moins confortables. Maintenir cette position de longues heures pouvait s’avérer douloureux pour les fessiers. Aussi certains d’entre eux prirent l’habitude de placer un coussin rembourré, de forme souvent ronde, appelé un rond de cuir, pour atténuer leur souffrance et faciliter l’exécution de leurs tâches. Balzac mentionne déjà l’objet vers 1847-1850, sous les formes « rond en maroquin » puis « rond en cuir ».
Le mot désigne l’employé lui-même dès 1883, dans un dictionnaire d’argot de Delvau qui le définit comme un « vieil employé ». Le sens péjoratif est donc déjà en place quand Georges Courteline fait paraître, en feuilleton de 1891 à 1892 puis en volume en 1893, ses Messieurs les ronds-de-cuir, tableaux-roman de la vie de bureau. Le livre ne crée pas l’expression, mais il la popularise largement et offre aux critiques de la bureaucratie une addition non négligeable à leur vocabulaire.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des métiers d’autrefois. Dans la même famille : « sous la houlette » et « sur le tas ».