Quelle est l’origine de l’expression « recevoir une avoinée » ?
« Une avoinée » sert en argot à désigner une punition sévère, le plus souvent reçue par un enfant ayant commis une bêtise.
Elle vient de l’argot des cochers du 19e siècle, où « avoine » désigne, en 1866, le coup de fouet administré au cheval pour le faire avancer. Le sens de correction sévère infligée à une personne suit en 1883. Le mot « avoinée », lui, est plus tardif : les dictionnaires ne le datent pas précisément et l’Académie le rattache au 20e siècle.
La référence à l’avoine s’explique, selon l’interprétation la plus courante, par une ironie de cochers : pour faire avancer un cheval, un coup de fouet avait la même efficacité que le fait de lui présenter de l’avoine à manger. En effet les graines d’avoine sont des céréales qui entrent depuis des siècles dans l’alimentation des chevaux et dont la promesse est pour eux une incitation efficace.
« Recevoir une avoinée » est donc une métaphore. Par extension l’avoine est devenue en langage familier « une série de coups ». Et le verbe « avoiner » désigne l’action de donner une correction à un individu.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des métiers d’autrefois. Dans la même famille : « rond-de-cuir » et « sous la houlette ».