Pourquoi dit-on « un mauvais coucheur » ?

Pourquoi dit-on « un mauvais coucheur » ?

Virginie Verglas Mis à jour le 27/07/2026 1 min

« Un mauvais coucheur » est une personne désagréable, difficile à vivre et dont la sociabilité est limitée. Cette expression date bien du début du XIXème siècle : on la relève en 1823 chez Las Cases, dans le « Mémorial de Sainte-Hélène ». Elle vient tout simplement du verbe coucher, un « coucheur » étant celui avec qui l’on partage sa couche.

Or ce partage n’avait alors rien d’exceptionnel. Dans les auberges, il était de coutume de dormir à plusieurs dans le même lit, et l’on partageait sa couche de manière aléatoire avec d’autres voyageurs. Frappé de malchance, vous pouviez passer une nuit fort agitée si votre compagnon ronflait ou bougeait beaucoup. C’est ce genre de personne, remuante ou bruyante, qu’aurait d’abord désigné le « mauvais coucheur », avant que le mot ne serve à qualifier un caractère querelleur en toute circonstance. Les dictionnaires ne racontent pas la scène, ils se contentent de ce glissement du sens propre au sens figuré.

La pratique de partager son lit a bien disparu au cours des siècles suivants, mais le langage en a conservé la trace.

Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « une vie de bâton de chaise » et « n’y voir que du feu ».

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2011. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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