D’où vient l’expression « une note salée » ?
Une note ou une addition « salée » est une facture d’un montant élevé. Cette expression exprime aussi l’idée que la somme à payer est bien supérieure à celle anticipée. Passée la surprise qu’elle peut représenter, celui qui doit s’en acquitter peut s’interroger légitimement sur l’origine de son appellation !
L’explication que retiennent les dictionnaires est la plus simple : l’expression tient tout simplement à l’action mordante et piquante du sel. Saupoudré en trop grande quantité sur un plat, il le rend difficile à avaler, à l’image de l’addition qui reste en travers de la gorge de celui qui doit s’en acquitter. Le sens figuré est ancien : dès 1588, « saler » signifie vendre trop cher, et « saler une note » est relevé en 1866.
Une autre explication circule, plus pittoresque mais qu’aucun dictionnaire ne reprend : on rapprocherait l’expression de la gabelle, la taxe du Moyen Âge portant sur le sel. La vente du sel était alors un monopole royal, et ce produit était pour la population le seul moyen de conserver les aliments. S’appliquant à un bien indispensable aux foyers, la taxe fut très impopulaire et à l’origine de révoltes et de soulèvements. Le rapprochement est séduisant, mais rien ne l’étaye.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « à la bonne franquette » et « à la six quatre deux ».