Mal des transports chez l’enfant, que faire en voiture ?
Un enfant qui vomit en voiture a le mal des transports : ses yeux et son oreille interne ne lui racontent pas le même voyage. Rare chez le nourrisson, il devient fréquent entre 2 et 12 ans, d’après l’Assurance maladie. La prévention tient surtout à trois choses : qu’il voie la route, qu’il ne parte ni à jeun ni gavé, et qu’on s’arrête souvent. Nos grands-mères y ajoutaient le départ à l’heure de la sieste, que l’Assurance maladie conseille aussi.
Avant de commencer
Le mal des transports naît d’un décalage. Assis bas, les yeux sur un dessin animé, l’enfant voit un décor immobile alors que son oreille interne sent les virages et les freinages. Ce désaccord donne des nausées, une pâleur, des sueurs froides, puis les vomissements (Assurance maladie, mal des transports). Les petits ne savent pas toujours dire qu’ils ont mal au cœur : un enfant qui se tait d’un coup, qui pâlit ou qui bâille sans raison est souvent en train de le vivre.
Tout ce qui suit vise donc à réaccorder ce que l’enfant voit et ce qu’il ressent. Pour un adulte, les remèdes ne sont pas les mêmes : le gingembre et l’acupression contre le mal des transports sont détaillés à part.
Méthode 1 : préparer le trajet
Ce qu’il vous faut
Un siège auto adapté à son âge et réglable en hauteur, un repas léger, un sac, une serviette et une bouteille d’eau.
Les étapes
- Faites-le dormir correctement la veille. Un enfant fatigué supporte moins bien la route.
- Donnez-lui un repas léger avant de partir. Le ventre vide n’est pas une protection : l’Assurance maladie conseille de manger légèrement sans jeûner, et d’éviter les plats gras ou épicés et les repas copieux juste avant ou pendant le trajet (Assurance maladie, conseils pratiques). Du pain, une compote, un morceau de fromage, plutôt qu’une assiette de frites.
- Choisissez l’heure du départ. Partez au moment de sa sieste, ou tôt le matin s’il se rendort facilement en voiture.
- Réglez son siège assez haut pour qu’il voie dehors, comme le recommande la même source.
- Préparez de quoi parer à l’accident à portée de main : un sac, une serviette, des vêtements de rechange. Le savoir prêt rassure l’enfant autant que les parents.
Pourquoi ça marche
Un enfant qui voit défiler le paysage reçoit par les yeux la même information que par l’oreille interne, et le décalage diminue. Voyager pendant la sieste fait partie des conseils de l’Assurance maladie pour les enfants.
Méthode 2 : pendant le trajet
Ce qu’il vous faut
Une voiture aérée, de la musique ou des jeux de voix, et des arrêts prévus sur l’itinéraire.
Les étapes
- Une place où l’on sent moins les mouvements : au centre de la banquette arrière, d’où il voit la route entre les deux sièges avant. L’Assurance maladie cite aussi le siège à côté du conducteur, qui ne convient qu’aux enfants que la loi et leur siège auto y autorisent.
- Le regard dehors, loin devant. Proposez-lui de guetter les camions, les vaches ou les panneaux plutôt que de lire ou de jouer sur un écran, deux activités qui favorisent le mal des transports.
- De l’air frais. Entrouvrez une fenêtre, ne chauffez pas trop, et ne fumez jamais dans la voiture.
- Une conduite souple. Les freinages brusques et les virages pris vite sont ceux qui déclenchent les nausées.
- Des pauses pour marcher un peu. Nos grands-mères s’arrêtaient toutes les heures environ : sur un long trajet, c’est un bon rythme pour un enfant sensible.
- De petites gorgées d’eau, plutôt que des boissons gazeuses.
Pourquoi ça marche
Chaque geste réduit soit la quantité de mouvement perçue (place centrale, conduite souple), soit le décalage entre ce que voient les yeux et ce que sent l’oreille interne (regard dehors, pas d’écran). L’Assurance maladie conseille aussi d’aérer et de ne pas avoir trop chaud dans l’habitacle.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienMéthode 3 : quand les nausées commencent
Ce qu’il vous faut
Un endroit où s’arrêter sans danger, de l’eau, un mouchoir humide.
Les étapes
- Arrêtez-vous dès que possible, sur une aire ou un parking, jamais sur la bande d’arrêt d’urgence pour cette raison.
- Faites-le sortir de la voiture, marcher un peu et respirer dehors. Les symptômes cèdent en général dans les minutes qui suivent l’arrêt (Assurance maladie).
- Passez-lui un mouchoir humide sur le front et la nuque, et donnez-lui quelques gorgées d’eau.
- S’il a vomi, rincez-lui la bouche, changez-le, et attendez qu’il ait repris des couleurs avant de repartir. Pour le siège, le bicarbonate vient à bout des taches de vomi sans produit agressif.
- Reprenez la route doucement, fenêtre entrouverte, et regard dehors.
Ce qu’on en sait
Les bracelets d’acupression, vendus en pharmacie pour enfants, appuient sur un point du poignet que la médecine chinoise associe aux nausées. Beaucoup de familles les emploient et ils sont sans danger, mais leur effet chez l’enfant n’est pas établi : on peut les essayer, sans renoncer aux gestes ci-dessus.
Les erreurs à éviter
- Partir le ventre vide : la nausée n’en est que plus forte.
- Une tablette, un livre ou une console pendant le trajet : c’est le décalage maximal entre les yeux et l’oreille interne.
- Une huile essentielle, quelle qu’elle soit, sur l’enfant, sur un mouchoir qu’il respire ou en diffusion dans l’habitacle. La menthe poivrée, souvent conseillée pour les nausées, ne s’emploie jamais chez un enfant, quel que soit l’âge : c’est une huile à menthol, que l’agence du médicament exclut chez l’enfant (ANSM, Formulaire national, mélanges d’huiles essentielles par voie cutanée, 2023).
- Du gingembre avant 6 ans : l’Agence européenne du médicament ne le retient pas pour le mal des transports à cet âge (EMA, monographie du gingembre). De 6 à 12 ans, il se donne seulement en poudre et à dose réduite : la dose de chaque âge est sur notre page quelle dose de gingembre contre le mal des transports, et le pharmacien peut vous conseiller.
- Un médicament de l’armoire familiale. Les antihistaminiques employés contre le mal des transports ne s’utilisent pas avant 2 ans, voire 6 ans selon la molécule et la forme, et d’autres sont interdits jusqu’à 12, 15 ou 18 ans (Assurance maladie, traitement). C’est le pharmacien ou le médecin qui choisit, selon l’âge et le poids de l’enfant.
Quand consulter ?
Appelez le 15 si votre enfant devient mou, difficile à réveiller, s’il montre des signes de déshydratation (bouche sèche, yeux cernés, urines rares, pleurs sans larmes) ou s’il vomit du sang. Même chose s’il a vomi après un choc sur la tête, même léger, pendant le voyage.
Consultez votre médecin ou votre pédiatre si les vomissements continuent une fois la voiture arrêtée et l’enfant au calme, s’ils s’accompagnent de fièvre, de diarrhée, de maux de tête ou de douleurs au ventre, ou si le mal des transports revient à chaque trajet malgré les précautions et gâche les déplacements. L’Assurance maladie retient ces mêmes motifs : un mal des transports qui résiste aux précautions, qui se répète avec une gêne importante, ou qui s’accompagne de fièvre. Un enfant qui vomit sans avoir voyagé relève d’une autre explication : nos repères sur les nausées détaillent quand le montrer dans la journée.
FAQ
Et si c’est un bébé de moins de 2 ans qui vomit en voiture ?
Le mal des transports est rare à cet âge, et d’autres causes sont possibles. Laissez un peu de temps entre le biberon ou le repas et le départ, et parlez-en au médecin si cela se répète. Un nourrisson de moins de 3 mois qui vomit se montre au médecin dans la journée.
Faut-il donner à manger à un enfant pendant un long trajet ?
Oui, mais peu et souvent : un biscuit sec, un morceau de pain, une compote à boire. Les gâteaux gras, les bonbons à volonté et les sodas sont à laisser à la maison.
Le mal des transports passe-t-il avec l’âge ?
Chez beaucoup d’enfants, il diminue à l’adolescence, sans qu’on puisse le promettre : certains adultes le gardent toute leur vie. Dès maintenant, apprenez-lui à reconnaître les premiers signes et à demander l’arrêt avant de vomir.
Les lunettes contre le mal des transports conviennent-elles aux enfants ?
Elles se vendent en tailles enfant, leurs cercles remplis de liquide étant censés réaccorder les yeux et l’oreille interne. Nous n’avons pas trouvé d’autorité de santé qui se prononce sur leur effet : elles sont sans danger, et le regard posé sur la route reste le geste de base.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.