Comment éviter le mal des transports naturellement ?
Pour éviter le mal des transports, on s’assoit là où l’on sent le moins les mouvements, on regarde loin devant et on laisse livres et écrans de côté : ce sont les conseils de l’Assurance maladie. On part après un repas léger, et on s’arrête pour marcher. Nos grands-mères y ajoutaient le gingembre avant le départ, un quartier de citron à sucer en route et le point du poignet à presser. La place change d’un véhicule à l’autre, et chez l’enfant, les remèdes ne sont pas les mêmes.
D’où vient le mal des transports ?
Le mal des transports, ou cinétose, naît d’un désaccord entre deux sens. L’oreille interne sent les virages, les freinages et la houle, alors que les yeux, posés sur un livre ou sur l’intérieur de l’habitacle, voient un décor immobile.
Il commence par une gêne au creux de l’estomac et le « mal au cœur ». Viennent ensuite la pâleur, les sueurs froides, une salive abondante, parfois des vomissements, des vertiges, un mal de tête et de la fatigue. Chez le jeune enfant, il s’annonce souvent par des pleurs, de l’agitation ou des bâillements. Les symptômes disparaissent en général quelques minutes après la sortie du véhicule (Assurance maladie, symptômes et causes). Un mal au cœur qui vient sans voyage a une autre cause : nos remèdes de grand-mère contre les nausées disent quand le montrer au médecin.
Il touche surtout les enfants. Chez l’adulte, il touche surtout les femmes, en particulier pendant les règles ou la grossesse, et il est plus fréquent chez les personnes migraineuses ou sujettes aux vertiges.
Quelle place choisir, selon le véhicule ?
| Véhicule | La place | Le geste qui va avec |
|---|---|---|
| Voiture | À l’avant, ou au volant ; sinon au milieu de la banquette arrière | Regarder loin devant, la tête calée contre l’appui-tête |
| Car | À l’avant | Regarder la route |
| Train | Dans le sens de la marche, côté fenêtre | Regarder le paysage au loin |
| Avion | Au milieu de l’appareil, au niveau des ailes | Diriger la ventilation vers le visage |
| Bateau | Une cabine au milieu du navire, près du niveau de l’eau | Rester sur le pont si le temps le permet, plutôt qu’à l’intérieur |
Ces places sont celles que conseillent l’Assurance maladie (ameli.fr, que faire et quand consulter) et le Vidal, qui ajoute qu’en bateau, les espaces fermés favorisent les nausées (Vidal, prévenir le mal des transports).
Les gestes avant et pendant le trajet
Avant de partir
- Mangez léger, sans partir à jeun. Pas de repas copieux, gras ou épicé juste avant le départ. Le Vidal conseille de préférer une nourriture solide à une nourriture liquide.
- Pas d’alcool, ni de café ni de tabac, avant comme pendant le voyage.
- Choisissez l’heure et la route. Partir quand la circulation est fluide et éviter les routes sinueuses épargne les coups de frein et les virages serrés.
Pendant le trajet
- Le regard dehors, loin devant, sur l’horizon ou la route.
- La tête immobile, calée contre l’appui-tête ou un petit coussin.
- Ni lecture, ni jeu sur écran.
- De l’air frais : entrouvrez une fenêtre, et ne chauffez pas trop.
- Une respiration calme et profonde, ou de la musique.
- Des pauses pour marcher un peu, sur les longs trajets.
Si vous êtes passager, demandez une conduite souple : l’Assurance maladie conseille de rouler de façon régulière.
Qui doit éviter ces remèdes ?
Les gestes du trajet conviennent à tous. Les remèdes qui suivent demandent quelques précautions.
- Pendant la grossesse et l’allaitement : pas de gingembre. Par précaution, l’Agence européenne du médicament (EMA) préfère l’éviter pendant la grossesse et ne le recommande pas pendant l’allaitement, faute de données (EMA, monographie du gingembre révisée en 2025). Pas d’huile essentielle de menthe poivrée non plus.
- Chez l’enfant : pas de gingembre contre le mal des transports avant 6 ans, et de 6 à 12 ans, la poudre seulement, à dose réduite. La menthe, sous toutes ses formes, est contre-indiquée avant 2 ans et déconseillée de 2 à 4 ans et chez l’enfant sujet aux convulsions (Vidal, les plantes chez l’enfant). L’EMA réserve la tisane de feuilles de menthe aux plus de 4 ans (EMA, feuille de menthe poivrée).
- Les huiles essentielles : aucune avant 12 ans, ni sur l’enfant ni diffusée dans la voiture où il se trouve ; c’est notre règle. Celle de menthe poivrée est une huile à menthol, que l’agence française du médicament exclut chez l’enfant (ANSM, formulaire national 2023) : nous la réservons à l’adulte. Elle est aussi à écarter en cas d’épilepsie, d’hypertension ou de maladie hormono-dépendante, et nous la déconseillons aux personnes âgées (voir notre fiche de l’huile essentielle de menthe poivrée).
- Sous anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire, avant une opération, ou en cas de calculs biliaires : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre du gingembre. Les calculs biliaires figurent dans la notice allemande des médicaments au gingembre, citée par le rapport d’évaluation de l’EMA.
- En cas d’allergie au gingembre ou à la menthe, on s’en passe.
Le gingembre dans le sac de voyage
De nos remèdes de grand-mère, le gingembre est le seul dont l’Agence européenne du médicament retient l’usage contre le mal des transports : la poudre, prise une demi-heure avant de partir, dans sa monographie révisée en 2025. Pas avant 6 ans ; de 6 à 12 ans, la poudre seulement, à dose réduite ; ni pendant la grossesse ni pendant l’allaitement ; et sous anticoagulant ou avant une opération, l’avis du médecin d’abord.
Dès 12 ans, une infusion de gingembre frais bue par petites gorgées pendant la route, ou un morceau de gingembre confit à mâcher, peut remplacer la poudre : c’est l’usage traditionnel. Le jour du trajet, on prend l’un ou l’autre, pas les deux. Les doses par âge, mesurées en cuillère, la recette de l’infusion et les effets possibles sont sur notre page quelle dose de gingembre contre le mal des transports.
Le point du poignet et le bracelet d’acupression
La médecine chinoise presse un point de l’avant-bras, appelé P6 ou Nei Guan, contre la nausée.
- Tournez la paume d’une main vers le haut.
- Posez trois doigts de l’autre main à plat en travers du poignet, l’annulaire sur le premier pli.
- Le point se trouve juste au-dessus de l’index, au milieu, entre les deux tendons qu’on sent en serrant le poing.
- Appuyez fermement avec le pouce, en petits cercles, deux à trois minutes, puis passez à l’autre poignet.
On le presse avant de partir ou dès que le mal au cœur arrive, autant de fois que nécessaire. Le bracelet d’acupression, vendu en pharmacie, appuie sur ce même point à l’aide d’un petit bouton, sans y penser. C’est un usage traditionnel, qui se combine avec les gestes de la place et du regard.
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La menthe
Une infusion de feuilles de menthe se prépare la veille ou le matin du départ : une cuillerée à café de feuilles séchées dans une tasse d’eau frémissante, 5 à 10 minutes, puis on filtre. Elle se boit par petites gorgées, chaude ou froide, dès 4 ans ; préparée à l’avance, elle se garde 48 heures au plus au réfrigérateur, en bouteille fermée. Un bonbon à la menthe se suce de la même façon en route, dès 4 ans lui aussi. Nos grands-mères en donnaient au premier mal au cœur, et faisaient aussi infuser de la camomille.
Sans enfant de moins de 12 ans à bord, l’adulte peut respirer une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée déposée sur un mouchoir, qu’il garde pour lui. Jamais sur la langue ni dans la bouche, et jamais en diffusion dans l’habitacle : l’air y est partagé avec des passagers qui n’ont pas choisi de la respirer.
Le citron
Sucer un quartier de citron au premier haut-le-cœur est un réflexe de nos grands-mères. On garde un second quartier à portée de main, et l’on respire un zeste fraîchement gratté si l’acidité ne passe pas.
Le bouquet de persil
Les marins avaient leur astuce contre le mal de mer : un bouquet de persil enveloppé dans un mouchoir, ficelé, et posé sur la poitrine pendant la traversée.
Quand le mal au cœur arrive en route
- Arrêtez-vous dès que possible, sur une aire ou un parking, et faites quelques pas dehors. En bateau, montez sur le pont.
- Si l’arrêt est impossible, fermez les yeux un instant et ouvrez la fenêtre.
- Allongez-vous quelques minutes, si vous le pouvez, avec un linge frais sur le front.
- En cas de vomissements, buvez par petites gorgées de l’eau, une boisson sucrée ou salée. L’Assurance maladie insiste sur l’hydratation des jeunes enfants et des personnes âgées.
- Repartez quand le malaise est passé, fenêtre entrouverte et regard dehors.
Et chez l’enfant ?
Chez l’enfant, les gestes passent en premier. Les remèdes ont leur âge : la tisane et le bonbon à la menthe dès 4 ans, la poudre de gingembre à dose réduite dès 6 ans, aucune huile essentielle avant 12 ans. Pour les gestes, réglez son siège assez haut pour qu’il voie dehors, partez à l’heure de la sieste, occupez-le avec des histoires, des chansons ou de la musique plutôt qu’avec un écran, et arrêtez-vous souvent sur les longs trajets. Notre page sur le mal des transports chez l’enfant détaille la place selon son âge, le repas avant le départ et les signes qui doivent alerter.
Quand consulter ?
L’Assurance maladie conseille de voir votre médecin si le mal des transports :
- résiste aux précautions prises ;
- revient presque à chaque trajet ;
- vous gêne beaucoup ;
- commence avant même de monter dans le véhicule ;
- s’accompagne de fièvre ou de signes qui ne lui ressemblent pas, comme des vertiges.
Si les nausées surviennent sans aucun voyage, ou durent après l’arrivée, elles ont une autre cause, à montrer au médecin. Et si les vomissements empêchent de boire, chez un jeune enfant ou une personne âgée, consultez sans tarder.
Appelez le 15 ou le 112 si l’un de ces signes apparaît brutalement : une faiblesse ou un engourdissement d’un bras, d’une jambe ou du visage, une bouche qui se tord, une difficulté à parler ou à comprendre, une perte soudaine de l’équilibre, un trouble de la vue même passager, ou un mal de tête intense et inhabituel. Ces signes peuvent être ceux d’un accident vasculaire cérébral (Assurance maladie, symptômes de l’AVC).
Questions fréquentes
Le mal des transports passe-t-il avec l’âge ?
Souvent, oui. Rare chez le nourrisson, il devient fréquent entre 2 et 12 ans, puis se fait plus rare à l’adolescence. Il s’atténue aussi avec l’habitude : à force de trajets répétés, ou au bout de deux ou trois jours sur un long voyage, d’après l’Assurance maladie.
Le mal de mer touche-t-il aussi en planche à voile ou en plongée ?
Oui. Le Vidal cite les pratiquants de la planche à voile, de la voile et même de la plongée parmi ceux que cette perturbation du centre de l’équilibre peut toucher (Vidal, mal des transports).
Peut-on avoir le mal des transports avant même de partir ?
Oui. Celui qui en a déjà souffert redoute parfois tant le trajet suivant que les nausées commencent avant le départ, ou se font plus fortes en route. C’est l’un des cas où l’Assurance maladie conseille d’en parler à son médecin.
Sources
- Assurance maladie, Mal des transports : symptômes et causes et que faire et quand consulter ?
- Vidal, Mal des transports (cinétose), Comment prévenir et traiter le mal des transports ? et Peut-on soigner les enfants avec des plantes ?
- Agence européenne du médicament, Zingiberis rhizoma (monographie révisée en 2025) et Menthae piperitae folium.
- ANSM, Formulaire national, mélanges d’huiles essentielles par voie cutanée, 2023.
- Assurance maladie, AVC et AIT : symptômes.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.